Bernard Lamarre, un bâtisseur qui a fait rayonner le génie d’ici à l’international

7 avril 2016, 13h19

Chroniques de campagne

Plusieurs vibrants hommages ont été rendus suite au décès de Bernard Lamarre, un pionnier du génie québécois, qui nous a malheureusement quittés le 30 mars dernier à l’âge de 84 ans. Cet illustre diplômé de Polytechnique Montréal (Po1952) a fait de Lavalin l’une des plus grandes firmes de génie au Québec et au Canada. En 1991, la firme s’unit à SNC.

Agissant comme président-directeur général de Lavalin, Monsieur Lamarre est devenu, en quelque sorte, l’architecte du Québec moderne. On doit à ce grand bâtisseur d’importantes réalisations telles que le Stade olympique, le Complexe Desjardins, l’autoroute Transcanadienne, l’échangeur Ville-Marie et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine. Toutefois, c’est son premier grand chantier, celui de l’aménagement hydroélectrique du complexe de la Baie James dans les années 1970, qui représente une incroyable carte de visite qui permettra à Lavalin de prendre de l’expansion au niveau pancanadien et international.

Mécène, philanthrope, bâtisseur, personnalité marquante et attachante, homme d’affaires hors pair, grande figure du génie québécois… Les gens qui l’ont côtoyé ne tarissent pas d’éloges à son endroit. Pour ma part, je considère qu’il a été un modèle, non seulement pour les ingénieurs, mais pour l’ensemble de la société québécoise.

Un modèle d’engagement auprès de la communauté montréalaise et de son alma mater

La carrière de Monsieur Lamarre est, à bien des égards, exemplaire, tout comme son engagement auprès de divers organismes montréalais. Amoureux des arts, il a été membre puis président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal pendant 23 ans, en plus de contribuer à l’enrichissement des collections. Homme de science et de génie, il a été l’instigateur de la création du Centre des sciences de Montréal. Parallèlement, il est  demeuré  très engagé auprès de son alma mater comme membre du conseil de la Corporation de l’École Polytechnique de 1987 à 1992; puis, comme président du Conseil de 2002 à 2012. Grand philanthrope, il faisait également partie du Cabinet d’honneur de la grande campagne Campus Montréal.

L’engagement de Monsieur Lamarre auprès de Polytechnique a dépassé le niveau institutionnel. Il avait foi en la jeunesse et côtoyait les étudiants dans le cadre de divers projets, ce qui en a marqué plus d’un comme le prouve les témoignages recueillis dans un vidéo hommage tourné par Polytechnique en 2012. « C’est l’image de ce que devrait être un ingénieur parfait, c’est ce qu’on rêve de devenir, c’est comme ça que l’on voit Monsieur Lamarre. C’est impressionnant quand on peut le côtoyer au baccalauréat, qu’on le rencontre, qu’on lui serre la main et qu’il est à l’aise et gentil. » y affirme Katherine D’Avignon, diplômée en 2008 et membre du Conseil de Polytechnique.

En plus de la reconnaissance de ses pairs, il a récolté au fil de son parcours différents honneurs qui témoignent de sa grandeur. Il a en effet obtenu treize doctorats honorifiques d’universités canadiennes, dont l’Université de Montréal, en plus d’avoir été fait Officier de l’Ordre national du Québec et de l’Ordre du Canada en 1985. En 2006, il reçoit de l’Ordre des ingénieurs du Québec un Prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution à la profession.

Un modèle pour les différentes générations

Tout comme Monsieur Lamarre, j’ai confiance en la nouvelle génération. Les jeunes d’aujourd’hui sont des citoyens du monde. Ils parlent couramment deux langues, sinon plus, apprennent rapidement à travailler dans différents environnements et sont curieux d’être immergés dans de nouvelles cultures. Ils représentent bien notre signature « Des talents. Une planète. », puisque, pour eux, le monde est leur terrain de jeu. Monsieur Lamarre affirmait dans le Magazine Poly du printemps 2012 que la différence entre les ingénieurs de sa génération et de la nouvelle est qu’ils ont maintenant la liberté d’aller travailler où bon leur semble et que la « compétence des ingénieurs québécois, et notamment celle des diplômés de Polytechnique, s’est rapidement fait connaître à l’international. » Ce qu’il n’a pas précisé, c’est que c’est en partie grâce à lui. Pour moi, cela constitue l’un de ses plus importants héritages. En ayant l’audace et la détermination d’ouvrir les frontières, il a pavé non seulement la voie aux ingénieurs qui souhaitent se réaliser à l’international, mais il a démontré que nous pouvions, grâce à notre talent, réussir partout à travers le monde. Pour cette raison, il est et demeurera un modèle pour l’ensemble de la société.

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