Biodiversité et développement durable : la petite histoire verte du campus

14 juillet 2014, 13h48

Chroniques de campagne

Choyés par leur localisation au cœur de l’Arrondissement historique et naturel du Mont-Royal (AHNMR), HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l’Université de Montréal contribuent à maintenir la qualité des milieux naturels du campus de la Montagne.  En 2010, les institutions du campus ont réalisé un rapport sur l’état de la biodiversité du flanc nord du mont Royal (2012). Une liste ambitieuse de recommandations pour maintenir ou rehausser la biodiversité exceptionnelle de ce territoire a alors été déposée.

Une communauté impliquée

Une série de conférences et d’activités de sensibilisation ont depuis vu le jour. La Politique de développement durable de l’Université de Montréal a, pour sa part, été enrichie d’un important volet sur la biodiversité. À l’été 2011, un premier jardin peuplé d’espèces indigène et d’une superficie de 50m2, prend vie sur le campus grâce à l’effort de l’équipe P.A.U.S.E. (Production Agricole Urbaine Soutenable Écologique). Depuis, ces activités réunissant étudiants et employés connaissent un tel engouement qu’à l’été 2014, la superficie de production agricole atteint près de 900m2! Au fil des saisons, cinq ruches, une champignonnière, une forêt nourricière et une houblonnière sont venues enrichir le projet. Parallèlement, la perception de la communauté envers son campus évolue : la biodiversité et l’agriculture urbaine deviennent deux complices inséparables. Ils font désormais partie du cadre de vie naturel de la communauté universitaire.

S’unir pour mieux donner

Pourquoi ne pas utiliser nos espaces pour cultiver des arbres pour les redonner à la ville? Ce rêve est devenu réalité grâce au partenariat avec l’organisme SOVERDI et les Amis de la montagne. Au moment d’écrire ces lignes, quelque 10 000 arbres sont élevés afin de subvenir à l’appétit grandissant des arrondissements pour le verdissement des rues.

Toujours dans l’optique d’améliorer la qualité du milieu et de redonner à la communauté, l’Université de Montréal a cédé une grande partie de son terrain (13,6 ha) à la Ville de Montréal pour une période de 50 ans dans le but de créer le Parc du Troisième Sommet qui accueillera bientôt les Montréalais. Ce nouveau parc sera un lieu idéal pour l’éducation et la sensibilisation aux merveilles qui nous entourent.

Des espèces rares sur la montagne

À l’affût d’un point élevé sur le campus, un couple de faucons pèlerins, Spirit et Roger, a élu domicile au sommet de la tour du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal. Il est possible de suivre leur quotidien en HD et d’admirer les trois nouveaux fauconneaux Mistral, Alizé et Nordet. Une vraie téléréalité! Autre merveille du campus, il est le seul endroit au Québec où il est possible d’observer le phasme (Diapheromera femorata), plus communément appelé le bâtonnet ordinaire.

Au-delà des 182 espèces d’oiseaux aperçues sur la montagne, d’une érablière où il est possible de se sucrer le bec le printemps venu, des salamandres, des couleuvres ou des nombreux mammifères, ou encore des espèces végétales à statut particulier ou d’autres plus spectaculaires tel le petit-prêcheur (Arisaema triphyllum), nos institutions se doivent d’être toujours plus vigilantes aux nombreuses perturbations qui affectent cette mosaïque d’écosystèmes. Nous pouvons penser ici au piétinement hors sentier, à la pollution lumineuse, aux maladies, au vandalisme, à la récolte illégale de spécimens ou encore l’arrivée d’espèces envahissantes tel l’agrile du frêne.

Les défis sont nombreux pour maintenir et rehausser la biodiversité du mont Royal, et le campus de la Montagne compte bien assumer ses responsabilités. Pour y arriver, des corvées de nettoyage, des inventaires réguliers, des plantations et des implications hors campus sont les outils dont nous disposons afin qu’à leur tour nos enfants puissent étudier sur un campus où la biodiversité sera toujours reine!

Vous pouvez voir les photos d’espèces mentionnées dans ce billet dans la page Facebook de Campus Montréal.

Par :

Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable, Université de Montréal

Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité, Université de Montréal

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1 commentaire

Alfred KIBISWA

07.31.2014 08:23:20

J’appuie totalement les objectifs poursuivi car dit-on qu’ « il suffit que les Hommes de bonne volonté ne fassent rien pour que le mal triomphe ». Les problèmes de l’humanité doivent être donc anticipé pour prévenir le pire.

Courage a toute l’équipe impliquée dans la recherche.

Merci